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Le Régent

Les diamants célèbres

Le diamant a une histoire, romanesque et passionnante, faite de mystères et d’aventures. Sa découverte, son extraction et sa place dans la bijouterie-joaillerie, sont autant d’aspects de cette histoire. Au cours de ce long parcours à travers le temps, certains diamants, exceptionnels par leurs qualités, ont eu une véritable existence de star.
Extraits pour la plupart en Inde, au moins jusqu’en 1728, date à laquelle on découvrit des gisements au Brésil. Les diamants ont été particulièrement prisés par les cours européennes qui rivalisaient entre elles de luxe et de beauté surtout à partir de la Renaissance avec la mise au point par les lapidaires de techniques de taille.
Parmi les diamants historiques, citons le Régent, le Sancy, le Diamant bleu (le Hope), le Koh-i-Nor. Les deux diamants dont les péripéties sont étroitement liées à l’Histoire de France sont le Régent et le Sancy, actuellement conservés au Musée du Louvre, au Département des Objets d’art, dans la Galerie d’Apollon.

Le Diamant Le Régent (Louvre)
Le Diamant Le Régent (Louvre)

Le Régent
140,64 carats. L. : 3,05 cm. ; l. : 2,89 cm. ; Ép. : 2,03 cm.
Autant grâce à sa pureté que grâce à sa taille, le Régent est considéré comme l’un des plus beaux diamants du monde.
Cette pierre exceptionnelle de 426 carats fut découverte en Inde, dans la région de Golconde en 1698.
Puis quelques années après en 1702, Thomas Pitt, le gouverneur anglais du fort de Madras, fondé en 1654 par la Compagnie anglaise des Indes Orientales, acquit le diamant et le fit tailler en Angleterre entre 1704 et 1706 par le joaillier Harris, en un brillant carré. Par jalousie, des mauvaises langues tentèrent de détruire la réputation de Pitt en répandant la rumeur que ce dernier l’avait obtenu de façon malhonnête : il l’aurait fait « extraire violement de la jambe d’un esclave qui, l’ayant trouvé dans la mine, s’était creusé une plaie pour l’y cacher » !
Depuis le 6 juin 1717, le diamant « Pitt » appartient à la France, au Trésor de la Couronne. En effet, il fut acheté pour 135.000 livres par Philippe d’Orléans, neveu de Louis XIV et Régent du royaume pendant la minorité de Louis XV de 1715 à 1722. On l’appela le « Millionnaire » avant de le nommer le « Régent ». A la Révolution il valait 12.000.000 de livres !

Le sacre de Louis XV le 25 octobre 1722 en la cathédrale de Reims fut une belle occasion de placer cette précieuse gemme sur la couronne royale, et elle fut considérée définitivement comme le plus bel ornement des regalia. Le Régent fut remplacé par une copie en 1729 (de même toutes les pierres précieuses qui se trouvaient sur la couronne) et offert au Trésor de l’abbaye de Saint-Denis, venant ainsi enrichir la collection des Joyaux de la Couronne. Il dominait à nouveau la couronne de Louis XVI pour son sacre le 11 juin 1775.
Quant aux reines de France, elles le portèrent souvent dans leurs cheveux en diverses occasions.

Pendant la Révolution Française, en septembre 1792, le Régent disparut lors du fameux vol rocambolesque du Trésor de la Couronne conservé au Garde-Meuble du Roi (hôtel de la Marine place de la Concorde). Il fut heureusement retrouvé quelque temps après, mais ceci est une autre histoire…

La monarchie abolie, le Régent continua vaille que vaille à mettre en valeur la puissance des nouveaux dirigeants.
Le gouvernement, qui avait besoin de financer les guerres, en particulier la campagne d’Italie contre l’Autriche, le mit en gage en 1797. Puis il fut racheté cinq ans plus tard par Bonaparte, alors premier consul.

Le 2 décembre 1804, jour de son sacre, Napoléon 1er portait une épée sur la garde de laquelle était serti le Régent. Elle est ornée de 42 brillants et sa poignée est en jaspe et en or. Conservée au Château de Fontainebleau, cette épée fut créée en 1801 par le joaillier personnel de l’empereur, Nitot (fondateur de Chaumet), par l’orfèvre Odiot et par la manufacture d’armes de Versailles.

Le Régent orna pour la dernière fois une couronne royale, celle de Charles X lors de son sacre à Reims 1825.

Sous le Second Empire on n’oublia pas cette pierre fantastique et Napoléon III la porta, puis l’impératrice Eugénie l’a fit sertir sur le diadème grec de sa parure de diamants pour les bals aux Tuileries.

En 1887, il échappa à la scandaleuse vente aux enchères des Diamants de la Couronne par le III° République et entra définitivement dans les collections du musée du Louvre.

Références :
– Musée du Louvre
– Musée des familles, Lectures du soir, vol. 4, Paris, Ch. Delagrave, 1836.
– E. Giard (Maurice), Les diamants célèbres, Millot et Cie, s.d.

Les diamants célèbres

Le Régent

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