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Secrets d’Art : les bijoux-accessoires

Secrets d’Art : les bijoux-accessoires.

Les bijoux ont toujours eu des fonctions qui variaient selon les époques et les civilisations. Elles sont sans doute apparues en même temps à la Préhistoire, dès le Paléolithique Supérieur, il y a 40.000 ans, de façon plus ou moins accentuée :
– magico-religieuse
– prophylactique
– sociale et politique (apparue plus tard à la fin du Néolithique, lors de la constitution des premiers empires, vers -3000)
– sentimentale, mémorielle et ornementale

Il arrive qu’un bijou réunisse plusieurs fonctions, surtout quand il appartient à un roi égyptien ou à une reine du Moyen-Age, il peut être alors tout à la fois un symbole religieux et un symbole politique.

Puis au XVIIIème siècle en Europe se développe une vie mondaine très raffinée, au cœur des palais et des hôtels particuliers.

Un nouveau type de bijou apparaît dans le courant du siècle et se développe considérablement au XIXème siècle : le bijou-accessoire.

Il possède un caractère social très fort tout en gardant son utilité propre. Les femmes ne possèdent pas encore de sac-à-main et il faut faire preuve de beaucoup d’imagination afin de pouvoir conserver par-devers soi tous les petits objets dont on a besoin et ce, durant toute une soirée.

Les principaux bijoux-accessoires sont :
– la châtelaine ou l’ancêtre du sac à main, à laquelle on accroche une montre et sa clé, un dé à coudre, une paire de ciseaux, un sceau à cacheter etc

Châtelaine avec montre, or et argent, Paris 1775-76, British Museum
Châtelaine avec montre, or et argent, Paris 1775-76, British Museum

– le carnet de bal : il est l’accessoire indispensable pour le bal et permet d’inscrire le nom de ses danseurs dans l’ordre des danses annoncées. En ivoire, en or, en nacre ou en porcelaine, il est souvent ouvragé, orfévré, orné de pierres précieuses ou de perles, avec une petite chaine en or et crayon accroché.
– le bijou flacon de parfum
– la vinaigrette ou flacon à sels. Il s’agit d’une petite boîte de diverses formes, en or ou en argent, en nacre, elle est ciselée, émaillée, sertie de pierres précieuses ou de pierres dures. Cet objet raffiné contenait des sels ou des vinaigres aromatiques afin de ranimer les élégantes qui s’évanouissaient très souvent à cause de leurs corsets qui les empêchaient de respirer.
– l’éventail dont le langage codé est très ancien et varie à travers le temps et selon les sociétés. (éventail-lorgnette, éventail-parfum, éventail-boite à couture, éventail-poignard, éventail à secrets, éventail télescopique etc.)

IMG_6988 (coll. privée)

– les boites à mouche (on peut y mettre aussi des pilules ou un nécessaire à couture). Les mouches, petits morceaux de soie noire qu’on collait sur une partie du visage ou du buste, faisait fureur aux XVIIème et au XVIIIème siècles. Comme pour l’éventail, un langage très codé présidait à leur pose (1).
– les poudriers, les miroirs, les sacs-à-main, les minaudières (créées par Van Cleef et Arpels), les étuis à cigarettes connaissent un fort développement surtout au début du XXème siècle.

Aux XVIIIème et au XIXème siècles, bon nombre de ces bijoux étaient suspendus à une chaine, elle-même parfois rattachée à une bague, également orfévrée dans le même style.

Les bijoux-accessoires ne sont en réalité que le résultat de l’évolution des bijoux-reliquaires, très présents au Moyen-Age et à la Renaissance. Des bagues, des ceintures, des pendentifs, des bracelets, étaient conçus comme des écrins précieux de non moins précieuses reliques. Charlemagne portait en pendentif une petite boite contenant un morceau de la croix du Christ (Musée du Tau, Reims). Les bijoux-accessoires sont en quelque sorte des bijoux-reliquaires qui auraient changé de fonction. La symbolique religieuse a perdu de sa force, et l’objet est détourné de sa fonction première.

La mouche

La mouche
Pour adoucir les yeux, pour parer le visage,
Pour mettre sur le front, pour placer sur le sein,
Et, pourvu qu’une adroite main
Les sache bien mettre en usage,
On ne les met jamais en vain.
Si ma mouche est mise en pratique,
Tel galant qui vous fait la nique,
S’il n’est aujourd’hui pris, il le sera demain ;
Qu’il soit indifférent ou qu’il fasse le vain,
A la fin la mouche le pique. »

La Faiseuse de Mouches – Lettre à N. (vers 1661)

Les bijoux accessoires

Ania Guini-Skliar (Secrets d’Art)

2 réflexions sur “ Secrets d’Art : les bijoux-accessoires ”

  1. Je viens d’assister à votre conférence cet après-midi au Chesnay qui m’a fortement intéressée et que j’ai dû quitter avant la fin .
    J’apprécie de pouvoir relire les notes ci-dessus concernant les bijoux-accessoires me permettant de conforter ce que j’ai appris lors de votre présentation et vous en remercie.
    Bien cordialement,
    Lise Métayer

    1. Bonjour,

      Ce fut un vrai plaisir de venir présenter l’histoire de la joaillerie au Club Ars au Chesnay !
      Si vous avez besoin d’informations, surtout n’hésitez pas à me joindre par mel.
      Bonne journée à vous,
      Au plaisir de vous revoir,
      Cordialement,
      Ania

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